PERPETUA 664
(Claudia Neubern)
�
Image : Kirsten Johnson - Son : Etienne Chambolle - Montage : Waldir
Xavier
- Assistantes � la r�alisation : Ana Gilioli et Joana Benetton Junqueira -
Montage son : Eric Boisteau - Musique Originale : Th�o Akola - Mixage : St�phane
Thi�baut - Assistantes au montage : Agn�s Houet et Marion Chanon - Conformation
: Laurent Lavergne - Etalonnage : Antoine H�berl�
et Richard Deusy - Banc-titre : Fran�oise Souchet - Enregistrement voix :
Olivier Audivert - Traduction - St�phane Malysse - Adaptation et sous-titrage �
Fabian et Jean-Marie Remy - Production ex�cutive pour le tournage au Br�sil :
Etienne Chambolle -
Directeur de Production : Matthieu de Laborde - Production : Viviane Aquilli -
R�alisation : Claudia Neubern� - une coproduction
ISKRA � PRODUCTIONS 108
ISKRA : Inger Servolin - Marie-Christine Lespannier
PRODUCTIONS 108 : Olivier Landau, Jean-S�bastien Chauvin, Marie-Am�lie de Loisy
Lumi�res : Alexandre Boechat, Planeta Film - Montage virtuel : PRODUCTIONS 108
- Banc-titre, Enregistrement voix, Conformation : DURAN - T�l�cin�ma Super 8 :
PEV - Etalonnage : DIGIMAGES - Sous-titrage : CMC - G�n�rique : VIDEO DE POCHE
-
Mixage musique originale : LES STUDIOS DE LA SEINE - Mixage : JACKSON
Musique : "OUCA" ( Maysa ) Utilisation autoris�e par Comercial
Fonografica RGE. Ltda Ricordi/Bmg Music Publishing Brazil Ltda. Avec l�aimable
autorisation de BMG Music Vision -
Extraits des films : "F�nix" de Silvio Da-rin, "Todas as
mulheres do mundo" de Domingos Oliveira

Perp�tua
664 est une histoire racont�e � la premi�re personne.
J�ai perdu ma m�re en 1970.
J�avais un an.
Tout ce que je savais d�elle tenait dans un simple r�cit transmis par mon p�re
et la famille.
Une histoire pour enfant.
J�ai grandi sans chercher � en savoir plus,
sans poser de questions,
ni aux autres,
ni � moi-m�me.
A 20 ans, j�ai quitt� le Br�sil pour Paris. Je voulais y travailler dans le cin�ma. J��tais en France depuis six ans lorsqu�un jour j�ai re�u un colis : un oncle m�envoyait un bobineau de son sur lequel j�allais trouver un enregistrement de la voix de ma m�re. Il s�agissait de la c�r�monie religieuse du mariage de mes parents. A la premi�re �coute, une foudroyante �motion m�a fait �clater en sanglots. La voix de ma m�re r�sonnait quelque part dans mon �tre � un endroit jusqu�alors m�connu. Je fus d�abord frustr�e par le c�t� fig�, non spontan� de cet enregistrement. Mais c��tait la seule chose d�elle qui me restait. Il me fallait aller plus loin.
Au-del� de l��motion violente et inattendue, le plus �tonnant fut de constater
que ces quelques mots me r�v�laient plus sur ma m�re que tout ce qu�on m�avait
dit d�elle auparavant. L�image de la jeune fille rang�e, jolie et bien dans le
moule qui m�a �t� transmise par mes proches ne me suffisait plus. La voix que
je venais d�entendre allait bien au-del� de ce portrait trop parfait et sans
relief qu�on m�avait livr�. La passion avec laquelle elle semblait se jeter
dans la vie au moment crucial de ce bref �change consacrant son mariage, a
profond�ment transform� son image en moi. La femme qui se manifestait l� m�a �
la fois s�duite et intrigu�e.
Instinctivement, je me suis trouv�e face � une question fondamentale que je ne
m��tais jamais pos�e :
" Mais qui �tait vraiment ma m�re ? "

Il me fallait aller au Br�sil o� je n��tais jamais retourn�e depuis plus de six
ans que je vivais en France et affronter cette question.
A l��poque je travaillais d�j� dans le cin�ma, mais je n�avais pas encore
r�alis� de films. La cam�ra s�est naturellement impos�e. Je ne pouvais pas
imaginer cette qu�te autrement, il me fallait la filmer.
En livrant mon histoire, je voulais capter la vie en train de se construire
dans un moment de rare intensit�. Faire ce film m�imposait deux r�gles : ne pas
tricher avec moi-m�me et affronter cette histoire jusqu�au bout. Le film serait
en quelque sorte la trace de mon chemin et la preuve concr�te de tout ce que
j�allais mettre en oeuvre pour r�pondre aux questions que je m��tais pos�es.
En ao�t 1996, je suis partie � Sao Paulo � la recherche des t�moins, ceux de la
famille mais aussi les amis qui ont connu Lais, ma m�re. Au-del� de tout ce
qu�a pu repr�senter ce voyage dans ma vie, tr�s vite il m�est apparu que la
trace du chemin parcouru d�passait ma propre histoire.Tous ceux que j�avais
rencontr�s parlaient de la vie, de la mort, des faiblesses de la m�moire, des
liens de l�amour, du temps qui passe et d�termine la vie qu�on se construit. Et
au milieu de tout cela, il y avait moi, l��tre qui cherche, qui doute, qui se
bat contre lui-m�me, contre sa famille, ses souvenirs et ses fantasmes dans
l�espoir de trouver une r�ponse, une v�rit� ou tout au moins, une part de
v�rit�. Le temps a pass�...
J�ai aujourd�hui trouv� quelques r�ponses, j�ai aussi appris � vivre
avec des questions.
Mon coeur est apais�. Il est temps maintenant de partager cette histoire.
Elle ne m�appartient d�j� plus tout � fait.
Claudia Neubern mars 2000